Le 9 décembre 1279, Charles II, prince de Salerne, neveu de saint Louis, futur comte de Provence et roi de Sicile entreprend des fouilles à Saint-Maximin. Le père Gavoty dit que sainte Madeleine fit connaître au prince l'endroit où reposaient les reliques, "...dans un champs voisin de Villelate, là même on trouverait une plante de fenouil toute verdoyante."
Charles creusa, aidé de terrassiers, déblaya la crypte et mit à jour les sarcophages. L'un d'eux était celui de saint Sidoine. Charles ordonna de l'ouvrir. Une merveilleuse odeur s'échappa du tombeau. Il se pencha pour regarder à l'intérieur, puis le fit refermer et le scella de son sceau. Pour lui, pas de doute, c'était le corps de sainte Marie-Madeleine qu'il venait de découvrir.
Le 18 du même mois, soit 9 jours plus tard, en présence d'un grand nombre de prélats, de gentilshommes et des archevêques d'Arles et d'Aix, Charles fit rouvrir le tombeau et procéda à l'inventaire.
Pourquoi les ossements de Marie-Madeleine se trouvaient-ils dans le tombeau de saint Sidoine ? La raison en est simple : avant l'arrivée des sarrasins, les cassianites craignant fort pour les reliques de leur sainte, transportèrent celles-ci dans le sarcophage de Sidoine et les restes de ce dernier furent placé dans le tombeau d'albâtre. Quand Girard de Roussillon vint prendre les reliques de la sainte, ce fut celles de Sidoine qu'il emporta à Vézelay ! Ainsi St-Maximin détenait toujours les reliques de Madeleine. Quant à Vézelay ...
Donc, on rouvrit le sarcophage. Valuy nous raconte :
"Lorsqu'on ouvrit le tombeau, il se répandit une suave odeur de parfum comme si l'on eut ouvert un magasin d'essences aromatiques; tous les assistants attirés par ces merveilleuses émanations se précipitèrent, et reconnurent à ce premier prodige, celle qui avait embaumé Jésus...
"La langue, au milieu des ossements arides de ce corps et malgré l'absence de l'os maxillaire inférieur, fut trouvée sans corruption, desséchée mais inhérente au palais, et il en sortait un rameau de fenouil verdoyant ; tous considérèrent à l'aise ce second prodige..." etc.
La main du prince rencontra un objet dans la poussière du tombeau. C'était un très vieux morceau de liège qui se brisa sous ses doigts. Une petite feuille de parchemin s'en échappa. Une inscription latine y était encore visible, mais difficilement déchiffrable :
"L'an de la nativité du Seigneur 710, le sixième jour du mois de décembre, sous le règne d'Eudes très pieux roi des Francs, au temps des ravages de la perfide nation des Sarrasins, le corps de la très chère et vénérable Marie-Madeleine a été très secrètement et dans la nuit transféré de son sépulcre d'albâtre dans celui-ci, qui est de marbre, et d'où l'on a retiré le corps de Sidoine, afin qu'il y soit plus caché et à l'abri de ladite perfide nation."
Le roi Eudes cité dans l'inscription est supposé être Eudes d'Aquitaine, puisqu'il n'y eut pas de roi de France de ce nom en 710. Cet écrit est plus que douteux. Il a d'ailleurs disparu quelques siècles plus tard quand la science a commencé à le contester.
Et on referma le couvercle, encore une fois et on y apposa les sceaux.
Le 6 mai 1280, Charles reconvoque les mêmes et on ouvre à nouveau le tombeau, cette fois pour prélever les ossement de la sainte et les enfermer dans différents reliquaires, et là, surprise ! " L'on trouva dans le tombeau cette autre inscription qu'on eut beaucoup de mal à déchiffrer : Ici repose le corps de Madeleine ".
Bernard Gui, qui était présent, ajoute que la seconde inscription avait été trouvée enfermée dans un globe de forme ronde (sic !) enduit de très vieille cire, qui la mettait à l'abri de l'air.
Que de cafouillages et de rebondissements ! Retrouver un deuxième parchemin alors qu'un inventaire méticuleux des reliques avait été fait 5 mois plus tôt ! Nous avons d'ailleurs beaucoup de mal à croire que le sarcophage fut clos tout ce laps de temps.