Reportage : La Sainte Baume


Le massif de la Sainte Baume a gardé son aspect sauvage. Le site est resté tel qu'il était depuis des millénaires. On accède à la grotte de la Madeleine par une rude marche à travers la forêt.

Un site grandiose
«En arrivant sur le plateau du Plan d'Aups, dit le frère Philippe Devoucoux du Buysson (ancien gardien de la grotte), le visiteur s'émerveille d'abord devant la majesté de la longue barre rocheuse qui s'allonge au dessus de lui sur 12 Km de long d'Est en Ouest. Au centre de cette barre exposée au Nord, le regard est principalement attiré par une falaise légèrement incurvée, de près de 150 mètres d'à-pic. Au coeur de celle-ci s'ouvre une ténébreuse caverne appelée «baoumo» et devenue «sainte Baume» depuis le séjour solitaire qu'y aurait effectué sainte Marie Madeleine. Le nom a, depuis, englobé tout le massif dont la ligne de crête culmine à plus de 1000 mètres... »

Bois sacré, forêt de légende
Le pèlerin ou le visiteur devra, dans un premier temps, monter pendant plus d'une demi-heure à travers une forêt épaisse et inquiétante où les rayons du soleil, pourtant éclatants en Provence, ne pénètrent jamais. Les chênes et les hêtres y sont plusieurs fois centenaires, et certains ifs, dit-on, seraient âgés de mille ans. Partout l'eau suinte, noire, dans l'étrange forêt. Tout est sombre et silencieux.

Le poète Lucain, au 1er siècle donne de ce bois sacré une description détaillée dans «La Pharsale»

L'arrivée à la grotte



Après son ascension à travers la forêt, le pèlerin devra encore affronter les 150 marches d'escaliers qui montent jusqu'au petit monastère pour accéder à l'entrée de la grotte.


Vue du belvédère



à droite : statue représentant Marie-Madeleine pénitente >>

La grotte renferme un précieux reliquaire dans lequel sont déposés un fragment de tibia de la sainte, ainsi qu'une mèche de cheveux.

Le pèlerinage se termine avec la montée vers le saint Pilon qui culmine à 100 mètres au dessus de la grotte. (Chapelle du St Pilon)


L'Hôtellerie
Il faut maintenant redescendre vers l'Hôtellerie. Cette Hôtellerie a été construite dans la deuxième moitié du XIXe siècle par le Père Lacordaire pour y recevoir les pèlerins.

L'Hôtellerie en 1900


La chapelle sainte Marie-Madeleine

Chapelle de l'Hôtellerie


De grandes toiles marouflées du peintre provençal Frédéric Montenard décorent les murs et l'abside de cette chapelle.

Sur la droite :


1- Marie-Madeleine regardant Jésus s'éloigner de sa maison à Béthanie



2- La prédication de Marie-Madeleine aux pêcheurs du port de Marseille


Sur la gauche :

3 - Marie-Madeleine demandant à un ermite d'aller avertir
de sa mort prochaine le bienheureux Maximin

4 - Méditation de Marie-Madeleine du haut de sa grotte

Dans l'abside :

5 - Marie-Madeleine est élevée par les anges au sommet du saint Pilon


Saint-Maximin
A 20 Km de là, se trouve la basilique de Saint-Maximin qui abrite le tombeau de sainte Marie-Madeleine et son crâne. Charles II d'Anjou, Comte de Provence la fit construire en 1295, à la suite des fouilles qu'il effectua dans la crypte en 1279.


Basilique de Saint-Maximin
Détail de la porte


Entrée de la crypte
Face à la crypte, Marie-Madeleine


La crypte et les sarcophages
Au fond celui de Marie-Madeleine


Marie-Madeleine
Observez le noeud de la croix
et le croisement des doigts

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Sources :
Les cahiers de la Sainte Baume, n° 10 : Le guide du pèlerin à la grotte de Sainte Marie-Madeleine, par frère Ph. Devoucoux du Buysson, gardien de la Grotte de la Sainte Baume, publié par la Fraternité de Sainte Marie-Madeleine, la Sainte-Baume (Var), 1998.

Michel Moncault, Saint-Maximin-de-Provence : la basilique sainte-Marie-Madeleine et le couvent royal, Edisud, Aix-en-Provence, 1985.

Remerciements à Jean-Claude Delage qui nous a autorisé à publier ses photographies de la Sainte Baume et de la basilique de Saint Maximin.



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