Rennes-le-Château |
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La tour Magdala |
Dans la vallée de l'Aude, à une quarantaine de Km au sud de Carcassonne, se dresse sur son promontoire, l'étrange village de Rennes-le-Château. On y accède par une petite route en lacet qui serpente dans une nature grillée par le soleil. |
Tout le hameau semble être dédié à Marie-Madeleine : d'abord l'église, puis l'imposante tour Magdala, et enfin la villa Béthanie ; trois Maisons pour trois femmes : la pécheresse repentie, Marie de Magdala, Marie de Béthanie qui sont, pour l'Eglise, qu'une seule et même personne : Marie-Madeleine. Pourquoi une telle dévotion à la Madeleine ? |
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C'est un curé de Rennes, l'abbé Béranger Saunière qui, à la fin du XIXème siècle, fit restaurer l'église et construire la villa et la tour ; la villa pour y recevoir ses amis ; la tour pour y abriter sa bibliothèque. On se demande avec quel argent un pauvre curé de campagne sans fortune personnelle a pu entreprendre de tels travaux. On dit qu'il a trouvé un trésor. On dit aussi que ce trésor est de double nature, l'une matérielle, l'autre spirituelle ; la seconde serait un secret, un terrible secret qui ferait trembler l'Eglise. |
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Visitons l'église. Elle est minuscule ; c'était autrefois la chapelle des seigneurs de Rhedae, ancien nom de Rennes-le-Château. Elle a été consacrée en 1059. A gauche, en entrant, un diable grimaçant ploie sous le poids du bénitier. Un diable dans une église, ce n'est pas commun ; en général les démons restent à l'extérieur des lieux sacrés, comme les gargouilles de Notre Dame. Au dessus du bénitier, quatre anges font le signe de croix ; à leurs pieds, on peut lire l'inscription : " par ce signe tu le vaincras ". Lors de notre visite en 1997, le pauvre diable était enfermé dans une cage de verre qui le protégeait des dégradations. Des visiteurs peu scrupuleux avaient cherché à le décapiter. |
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Il fait sombre dans cette petite église. Une dame qui nous accompagne met une pièce de monnaie dans le boîtier d'une minuterie. Des lampes s'allument et révèlent une décoration surprenante par ses couleurs, ses peintures presque criardes, ses statues chamarrées. Le bon goût n'était pas une qualité de l'abbé mais l'ensemble présente une certaine harmonie. |
Une statue représente Marie Madeleine debout. Elle s'appuie sur une croix de bois vert de la main droite. Dans sa main gauche elle tient le flacon à parfum. A ses pieds, un crâne repose sur un livre ouvert. On retrouve la sainte femme dans un bas-relief sous le maître-autel. Elle est agenouillée dans une grotte. Devant elle se tient une croix de bois vert, de bois vivant. On retrouve le livre ouvert des évangiles et le crâne. Est-ce le crâne d'Adam ? Ou celui du nouvel Adam ? Par l'ouverture de la grotte, on aperçoit des ruines. Il s'agit du Saint Pilon que l'on peut voir à la Sainte-Baume. Madeleine est également présente à différentes stations du chemin de croix, et aussi sur les vitraux. On peut voir sur ces derniers l'onction à Béthanie, Marthe et Marie à la résurrection de Lazare ; dans la sacristie, le christ en croix avec à ses pieds Marie-Madeleine. Tous les vitraux de l'église sont des commandes de l'abbé Saunière. |
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Il naît le 11 avril 1852 à Montazel. Après avoir passé sa scolarité à Limoux, il rentre au grand séminaire de Carcassonne en 1874. Il est ordonné prêtre en juin 1879 et nommé vicaire d'Alet, puis de 1882 à 1885, curé du doyenné du Clat. Il est également professeur au séminaire de Narbonne, mais à cause de problèmes disciplinaires avec sa hiérarchie, il est rétrogradé et nommé curé à Rennes le Château le 1er juin 1885. Béranger Saunière est anti-républicain et ne s'en cache pas, ses prêches à la messe ressemblent bien à de la propagande royaliste. En guise d'avertissement, la préfecture lui fait quitter sa paroisse de décembre 1885 à juillet 1886, date à laquelle, il revient à Rennes le Château. A son retour, sa première tâche est de réparer l'église qui risque de s'écrouler. Il en a la possibilité : la comtesse de Chambord lui a fait une donation de 3000 F or, de quoi entamer les travaux. Mais il ne s'arrêtera pas là, il va bâtir son domaine : villa, jardin, tour, chemin de ronde, etc... Il démissionne le 1er février 1909, est déchu de ses fonctions sacerdotales en 1911, et inculpé pour trafic de messes en 1915. Il meurt à Rennes le Château le 22 janvier 1917 après une attaque d'apoplexie, le 17 du même mois. |
L'abbé Saunière n'a pas été le seul ecclésiastique à entreprendre des projets de constructions pharaoniques, ni le seul à vouer un culte à Marie Madeleine dans le sud de la France à la fin du XIXème siècle...Nous le verrons dans le chapitre suivant. |