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La Putain de Dieu


     Jeshoua le nazoréen, en latin IESUS, ou encore Jésus, était de lignée royale, descendant de David, à la fois par sa mère Marie et par son père Joseph, et c'est parce qu'il prétendait au trône de Judée qu'il fut condamné à la crucifixion par Ponce Pilate.

     Les juifs attendaient un messie, un chef qui les libéreraient de l'occupation romaine. Pilate, sans pitié depuis qu'il gouvernait la Judée, était prêt à écraser la moindre rébellion, la plus petite escarmouche venant du peuple juif. Des groupes de résistants se formaient ça et là dans toute la Palestine. Jésus fut l'un de leurs chefs.

Jésus était-il marié ?

    Il l'était probablement. Jésus fut sans doute fiancé à l'adolescence comme la coutume l'exigeait chez les Juifs de l'antiquité, puis marié quand lui même et sa fiancée furent en âge de procréer.

     Il fut peut-être aussi bigame comme les Grands Prêtres de son temps, surtout si sa première épouse n'eut pas d'enfant, ou ne lui donna que des filles, ce qui revenait au même en ces temps reculés où le patriarcat régnait en maître absolu.

Comment peut-on dire que jésus était marié ?

     1 - Jésus est juif et pour les juifs de l'antiquité la non procréation est un crime. La loi de Moïse, la Torah, interdit de limiter la procréation. (Sauf pour les nazirs, mais les nazirs étaient des ascètes, et Jésus n'avait rien d'un ascète).

     2 - Jésus est appelé rabbi, il est donc rabbin. S'il enseigne dans les synagogues, comme il est dit dans les évangiles, il est obligatoirement marié. La loi ne permet pas aux hommes célibataires d'enseigner dans les lieux consacrés.

     3 - Il est prétendant au trône d'Israël ; s'il veut être roi, il lui faut une reine ; pour fonder une dynastie, il lui faut un fils au moins, pour assurer sa lignée.

     Sa première et véritable épouse est Marie, soeur de Marthe et de Lazare qui vivent dans le village de Béthanie, près de Jérusalem. On notera combien Jésus aime se rendre à Béthanie, chez Simon le lépreux, ou chez Lazare qu'il " ressuscite " c'est à dire qu'il l'initie. Il y réside chaque fois qu'il doit se rendre à Jérusalem. La famille de Béthanie est de race noble et riche. Elle le soutient dans sa lutte pour accéder au pouvoir. Marie l'oint, le fait roi.

     Sa seconde épouse est en fait une épouse mystique, car nous pensons que Marie de Magdala n'a pas d'existance réelle. Telle qu'elle est décrite dans les évangiles, elle ne peut être qu'un personnage mythique. Mais peu importe, suivons le cours du récit du nouveau testament.

Marie vient de la cité de Magdala. Jésus a chassé d'elle sept démons, c'est à dire qu'il la lavée de tous ses péchés, la baptisée. Signalons que le terme " beulah " en araméen signifie à la fois " femme " et " possédée " et que la confusion est probablement partie de ce mot, confusion qui a fait de Marie Madeleine, rappelons-le, une hystérique !

     Marie de Magdala est veuve. En ces temps, une femme n'a pas le droit de rester oisive en fait de maternité. Si le mari vient à mourir, son frère est tenu de l'épouser, et s'il n'y a pas de frère, le plus proche parent mâle du défunt est désigné pour devenir le nouvel époux. Marie de Magdala est donc, probablement, une belle-sœur de Jésus.

     Jean, l'évangéliste raconte de façon à peine voilée leur mariage :

les noces de cana

(Jean 2- 1 à 12)

Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples.
Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : Ils n'ont plus de vin.
Jésus lui répondit : Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n'est pas encore venue.
Sa mère dit aux serviteurs : Faites ce qu'il vous dira.
Or, il y avait là six vases de pierre destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures.
Jésus leur dit : Remplissez d'eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu'au bord.
Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l'ordonnateur du repas. Et ils en portèrent.
Quand l'ordonnateur du repas eut goûté l'eau changée en vin, - ne sachant d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient bien, - Il appela l'époux, et il lui dit:
Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré; toi tu as gardé le bon vin jusqu'à présent.

Tel fut à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

Après cela, il descendit à Capharnaüm, avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils n'y demeurèrent que peu de jours.

     Toute la famille de Jésus est rassemblée au grand complet, sa mère, ses frères, ainsi que ses disciples. Il s'agit d'un mariage important, dans une famille aisée. Un ordonnateur s'occupe du repas et donne les ordres aux serviteurs. Etrangement, la mère de Jésus donne également des ordres aux serviteurs. Comment une femme étrangère à la famille des mariés pourrait-elle agir ainsi ? Elle le peut pourtant, et cela ne choque personne, parce qu'elle est la mère de l'époux, et l'époux est Jésus lui-même.

     Qui d'autre s'occuperait du vin, sinon le maître de maison ? C'est l'époux qui s'occupe du vin, et l'époux c'est Jésus. L'ordonnateur du repas ne s'y trompe pas, après avoir bu l'eau changée en vin, il s'adresse à l'époux et le félicite d'avoir donné du bon vin tout le long du banquet.

Jésus avait-il des enfants ?

     On devine qu'il a eu enfants, mais il est difficile de dire combien. Selon certains auteurs, Sarah fut une de ses filles. Elle débarqua aux Saintes Maries de la Mer avec sa mère Marie de Béthanie. Il eut peut-être aussi un fils, Eléazar. Lui aussi aurait laisser des traces de son arrivée dans le sud de la France.

Le sacre

     L'onction à Béthanie est relatée par les évangélistes qui donnent plus ou moins de détails. Là encore, les textes diffèrent, et leur sens a été volontairement occulté par un remaniement étalé sur plusieurs siècles. Marie, la première épouse de Jésus, ayant pris trop d'importance aux yeux des chrétiens, il fallut la dévaloriser , et c'est ainsi que d'épouse royale et de prêtresse de la Grande Déesse, elle devint une simple parfumeuse, une prostituée, la Putain de Dieu.

     Encore une fois décryptons les textes. Marie, soeur de Marthe et de Lazare verse sur la tête de Jésus un parfum précieux et très coûteux. C'est un sacre. Le sacre est un rite d'initiation. Celui qui le reçoit meurt pour renaître en tant que Roi. Il est l'Oint du seigneur. Jésus, par les mains de Marie, est sacré roi d'Israël.

     C'est Saül qui fut le premier sacré roi des hébreux (Livre des rois). Il semble que les rois juifs s'inspirent eux-mêmes du rituel du sacre pratiqué en Egypte. Le roi incarne la communauté du Peuple. Il est investi du devoir de la guider. Il est le messie, le Christ.

     On saisit mieux dès à présent l'importance du rôle de Marie. On comprends mieux pourquoi des hommes, et parmi eux, les apôtres eux-mêmes, misogynes et phallocrates, ont cherché à la diminuer et l'ont qualifiée de " parfumeuse ", terme équivalent pour les juifs de l'antiquité à " prostituée ". Qu'elle était donc gênante cette Marie, à la fois épouse de leur maître et ayant le pouvoir de le sacrer roi !

Bar Abbas

     Jésus fut arrêté par Ponce Pilate et condamné à mort parce qu'il était roi des juifs. Il se nomme lui même Fils de l'Homme, bar Anas, qui signifie aussi " fils de l'époux ", c'est à dire fils légitime de Joseph et héritier du trône d'Israël.

     Curieusement, dans le récit, apparaît un autre homme à la fin du procès, condamné à mort lui aussi : Bar Abbas, un brigand, un zélote, pris pendant une rébellion. Bar Abbas s'appelait également Jésus. Son prénom a été supprimé des évangiles au IVe siècle ; il paraissait trop blasphématoire vis à vis de Jésus Christ. Bar Abbas signifie " fils du père ".

     Ainsi nous avons d'un coté Jésus fils de l'époux et de l'autre Jésus fils du père. Pilate, selon une coutume, a le pouvoir de libérer un des condamnés à l'occasion de la Pâque ; il demande au peuple juif lequel des deux hommes il doit relâcher. Etrangement, le peuple décide que soit crucifié le " roi des juifs ", le messie qui devait le sauver des romains ! C'est invraisemblable. De plus, il est impensable que Pilate ait pu libérer un chef rebelle, ennemi de Rome tel que Bar Abbas.

     Encore une fois nous sommes devant une astuce des évangélistes. Cette histoire a été écrite pour prouver que le peuple juif a fait le mauvais choix et est franchement antisémite. Mais elle est là aussi pour une autre raison, pour rattraper un terrible échec.

     Les deux personnalités de Jésus sont dissociées et font apparaître deux Christs, l'un messie-prêtre, l'autre messie-roi ; l'un doux comme un agneau, l'autre fort et guerrier. Pourquoi ? Parce qu'il a échoué. Jésus, le nazoréen, roi des juifs a complètement échoué dans sa lutte contre les romains et sa prise de pouvoir, et pour ses proches, ses amis, ses disciples, sa famille, tous ceux qui ont cru en lui, c'est insupportable. Pour eux, sa condamnation et son supplice sur la croix n'auraient pas du se produire. Jésus a perdu, il a raté sa mission ; il mourra comme un criminel, son corps sera jeté dans la fosse infâme. Il est un roi lamentable. On ne peux adorer un tel homme, alors les judéens le condamnent, ils libèrent son côté masculin et guerrier (Bar Abbas) et font crucifier l'être doux, l'agneau qui se sacrifie pour l'humanité.

     L'échec a été rattrapé et s'est transformé en victoire : la victoire de la Vie sur la Mort ; mais en même temps, il a fait de Jésus un être asexué. N'ayant plus aucune identité sexuelle, il n'a, du coup plus d'épouse, ni d'enfant. Il est devenu Fils de Dieu, puis Dieu tout court, un intouchable. C'est d'ailleurs ce qu'il dit à Marie de Magdala quand elle le voit en dehors du tombeau, le jour de la résurrection, "Noli me tangere…" : ne me touche pas, alors que l'on sait aujourd'hui que le texte initial en grec ne disait pas "ne me touche pas", mais "ne me retiens pas" ; ce qui, comme vous le voyez, est très différent.

     Pauvre Madeleine, que n'a t-elle pas subi depuis deux mille ans... Qu'il est lourd à porter le secret de l'Eglise...

 

Liens :
La sexualité du Christ
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Noli me tangere
 
 


©Victor Mortis, 2003-2006