Jean-Yves Leloup « Tout est pur pour celui qui est pur » Jésus, Marie-Madeleine, l'incarnation... |
Jean-Yves Leloup a publié en septembre 2005, chez Albin Michel, « tout est pur pour celui qui est pur » dans lequel il aborde le thème épineux de la sexualité du Christ. Enfin ! Il aura fallu le succès d'un roman (le da Vinci code) qui scandalise les grenouilles de bénitiers pour que des théologiens en parlent publiquement. Jean-Yves Leloup avait déjà abordé très pudiquement le sujet dans sa traduction de l'Evangile selon Philippe, mais là, il va beaucoup plus loin, sans tabou, et nous pousse à nous interroger. « La question de la sexualité du Christ est pour beaucoup de l'ordre de la stupeur et pour certains de l'ordre du blasphème. Pourquoi une telle réticence, autrefois et encore aujourd'hui ? » « Pourquoi le christianisme nous a-t-il que trop souvent présenté la sexualité comme avilissante, dégradante, « mère de tous les péchés », et trop rarement comme divinisante, source de vie et de créativité ? » « Jésus est-il moins divin parce qu'il est plus humain et aime une femme ? Quelle drôle d'image de la femme cela suppose ! » L'auteur rappelle que dans l'Evangile selon Philippe, le terme koïnonos est employé pour définir le lien qui unissait Yeshoua (Jésus) et Marie de Magdala. « Le terme koïnonos en grec comme en copte fait référence au coït, qu'on le traduise par « fiancée », « compagne » ou « épouse ». Dans ce texte, Marie-Madeleine apparaît comme celle qui partage le « coït » avec l'Enseigneur. » Jean-Yves Leloup nous apporte beaucoup d'autres réponses en se basant sur la théologie, l'histoire, la psychologie et en s'appuyant sur des textes anciens et des études plus récentes. Oui, Jésus était marié. Un livre superbe qui, enfin, pourrait bien réconcilier chrétiens et féministes ! Ouf ! (mieux vaut tard que jamais). Jean-Yves Leloup est auteur de nombreux livres dont « Marie-Madeleine, une femme innombrable ». Il est également traducteur de l'Evangile de Marie (Madeleine), l'Evangile de Thomas, et l'Evangile de Philippe. Victor Mortis |