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Girart de Roussillon et les Roussillon du Dauphiné...
légende ou réalité !
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Par Eric Charpentier |
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Troisième et dernière partie |
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V. Où il est question de Girart, Marie-Madeleine et des Roussillon ! |
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Le comte Girart historique, fondateur des deux abbayes bourguignonnes, est également connu pour avoir doté celle de Vézelay des Saintes reliques de Marie-Madeleine. C’est en tous les cas la tradition rapportée par la légende de Saint Badilon dont nous pouvons rappeler brièvement le contenu tel que nous le narre René Louis :
« Donc en ce temps-là, les sarrasins d'Espagne, ayant fait irruption en Provence et pillé la cité d'Aix, se retirèrent. Or beaucoup de gens savaient, dès ce moment, que Marie-Madeleine avait été inhumée dans le territoire de la cité d'Aix, par l'évêque saint Maximin (51). La curiosité du comte Girart et de l'abbé Eudes de Vézelay fut piquée par ce bruit : ils envoyèrent au pays d'Aix un frère nommé Badilon, avec la mission de retrouver, si Dieu le permettait, les restes de Marie-Madeleine et de les amener à Vézelay.
Badilon, avec son escorte, parvint sur le territoire de la cité d'Aix ; elle offrait partout l'image du désastre et de la mort. Comme le moine cherchait en vain quelqu'un qui puit le renseigner sur l'objet de sa mission, il arriva à un tombeau qu'il reconnut avec certitude pour celui de la Madeleine. En effet les sculptures représentaient l'onction de parfum chez Simon le lépreux et les scènes du mâtin de Pâques … |
Vézelay
Façade de la Basilique de la Madeleine |
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Badilon, parfaitement informé du sens de ces bas-reliefs, profite de la nuit pour perforer le tombeau du coté des pieds, y trouve le corps intact, encore recouvert de la peau, les mains placées sur la poitrine ; une odeur suave s'en dégage, celle des aromates dont Maximin avait embaumé jadis le cadavre de la sainte. Le moine en reste là pour l'instant, va se coucher, mais la sainte lui apparaît en songe et l'encourage.
Le jour suivant est consacré aux préparatifs du voyage de retour. Quand la nuit revient, Badilon retire le corps du tombeau, l'enveloppe de linges très propres et le charge sur un véhicule. Le petit cortège passe par Salon-de-Provence, Nîmes, où l'on fait halte dans une église : là, Badilon, afin de faire tenir le corps dans un cercueil de dimensions moins voyantes, procède à la dissection du corps saint et, après avoir amputé tous les membres, les range soigneusement le long du tronc.
On arrive enfin à un mille de Vézelay, au lieu qui est appelé maintenant encore le Coudray Badilon. En cet endroit, le corps saint devient si lourd que tous les compagnons ensemble n'arrivent plus à le soulever. L'un d'eux est dépêché à l'abbé Eudes, auquel il fait part à la fois de l'heureux succès de l'expédition et du petit incident de dernière heure. L'abbé et ses moines vont alors au devant de la Madeleine en procession avec croix, cierges et encensoirs, vêtus d'ornements blancs. Quand la procession est arrivée au Coudray Badilon, le cercueil de la sainte devient si léger que les porteurs n'en sentent plus le poids. Bientôt c'est l'entrée triomphale dans l'église abbatiale, au son des cloches, parmi les lumières et les chants des moines. La déposition solennelle du corps a lieu le 19 mars »(52).
Nous ne nous attarderons pas sur ce récit qui, à n’en pas douter, est le plus célèbre des textes relatant la translation des restes de Marie Madeleine en Bourgogne. Nous y reviendrons d’ailleurs dans la suite de cette étude. Néanmoins nous relèverons pour le plaisir l’escale importante à Nîmes puisque c’est semble-t-il dans cette ville que Badilon procéda à la dissection du Saint corps. On peut en effet se demander pourquoi le moine Badilon choisit de regagner la Bourgogne en se détournant de la vallée du Rhône et faire ce crochet par Nîmes. D’autant que, et rappelons le, à partir de 843, la ville de Nîmes dépendait de la Francie Occidentale détenue par Charles le Chauve. Dans ce contexte, on voit mal un émissaire du comte Girart prendre du plaisir à franchir les frontières du vieil adversaire de son souverain …
Ce petit aparté nous pousse maintenant à nous interroger sur les escales éventuelles de ce périple. Même si la légende de Saint Badilon ne nous parle que de celles de Salon de Provence et de Nîmes, il apparaît certain que d’autres eurent lieu. Compte tenu également de l’itinéraire indiqué dans cette légende, nous avons tout lieu de penser que le cortège remonta la vallée du Rhône. Il passa sans doute dans les terres qui deux siècles plus tard appartenaient aux Roussillon du Dauphiné…
Cette réflexion amène aussi à nous rappeler cette curieuse allusion du chanoine Pierre Cavard que nous avions évoquée précédemment (53) : à savoir qu’au IXe siècle, des reliques de Saint Lazare auraient séjournées quelques temps à Surieu, ancienne possession des Roussillon, et qu’avec elles se trouvaient celles de Sainte Marie Madeleine… A dire vrai, nous aimerions bien voir en ce petit village de Surieu une de ces hypothétiques escales du moine Badilon !
Marie Madeleine et le Pilat
Imaginons un instant que cette tradition trouve là un fondement historique : Badilon remonte la vallée du Rhône, il séjourne quelques temps dans les domaines du comte Girart et de sa famille, ceux-ci en profitent au passage pour retirer discrètement du reliquaire quelques ossements de la Sainte – ajoutons donc ceux de son frère Lazare, pendant que nous y sommes – puis ils font expédier le tout en Bourgogne dont la légende nous retrace l’arrivée à Vézelay (54).
Voilà qui explique bien des choses ! Les quelques reliques conservées par Girart ou les membres de sa descendance furent confiées aux églises et chapelles dépendant des domaines des Roussillon. Aussi trouvons nous dans le Pilat par exemple, les reliques de Lazare à Echalas (55) ou encore trouvons nous mention de nombreux toponymes de la Madeleine comme celui se trouvant juste à coté des ruines du château de la Chance, ancien fief des Roussillon (56). Plus probant encore, nous citerons l’ancienne chapelle de la Madeleine (57) à quelques pas de Châteauneuf, résidence attitrée des Roussillon aux XIIIe et XIVe siècles. |
La Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez pourrait, elle aussi, être liée à la venue de la Madeleine en Gaule : les visions merveilleuses de Béatrice de la Tour, veuve de Guillaume de Roussillon et fondatrice de ce monastère à Sainte-Croix, ne seraient pas sans rappeler en effet les mêmes visions qui poussèrent Marie-Madeleine à suivre une étoile sur le chemin de la Sainte-Baume … Serait-ce d’ailleurs cette même similitude qui aurait amenée le Révérend Père chartreux Dom Polycarpe de la Rivière (58) à écrire son « Duae Magdalenae – Du repos éternel et des sept dormants » (59) ?
Mais Dom Polycarpe de la Rivière ne sera pas le seul personnage énigmatique à s’intéresser au culte de la Madeleine : |
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Ruines de l’ancienne chapelle de la Madeleine. Elles furent définitivement rasées lors de la construction de l’échangeur autoroutier de la Madeleine.
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Ce sera sans doute pour les mêmes raisons, qu’au siècle dernier, le célèbre abbé Saunière, dont la notoriété n’est plus à faire avec l’affaire de Rennes-le-Château – poussa ses secrètes excursions jusqu’à la chapelle de la Madeleine au dessus de Pélussin (60)…
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Plus récemment, il est même venu à l’esprit de certains auteurs, qu’à l’instar des légendes bourguignonnes et provençales, il pourrait y avoir aussi une légende viennoise qui situerait la retraite de Marie-Madeleine non plus en Provence, mais précisément dans le Pilat (61). Cette présence de la Madeleine dans notre massif serait liée à celle de Ponce Pilate dont la tradition assure qu’il aurait finit ses jours en exil dans la région de Vienne (62)…
Mais ne poussons pas le bouchon trop loin et revenons à notre sujet ! |
La chapelle de la Madeleine au dessus de Pélussin |
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Naturellement, le lecteur aura compris tout le crédit que nous portons dans l'immédiat à ce genre de discours ; certes, il existe aujourd’hui une multitude de pistes qui permettraient de lier Marie-Madeleine au Pilat ainsi qu’aux Roussillon mais rappelons que pour l’essentiel, celles-ci ne reposent que sur la fameuse légende de Saint Badilon dont il conviendrait peut-être maintenant d’examiner de plus près l’authenticité.
Marie-Madeleine à Vézelay
A vrai dire, nous ne connaissons pas l’origine exacte de cette tradition qui situe les ossements de Marie Madeleine à Vézelay. Nous pouvons néanmoins affirmer catégoriquement que le comte Girart n’y est pour rien et ce n’est pas la légende de Badilon qui nous permettra d’accréditer cette hypothèse.
Nous avons en effet établi qu’à l’époque où vivait notre héros, celui-ci n’avait établi en Bourgogne que les cultes de Saint Pontien et Saint Andeux (63). Et il est un fait qu’aucune charte des abbayes de Pothières et de Vézelay ne mentionne la présence de Marie-Madeleine en Bourgogne avant les années 1040 (64). De fait, il nous semble tout à fait improbable d’imaginer Marie Madeleine reléguée au quatrième plan après la vierge Marie et les deux saints rapportés par le comte Girart.
René Louis situe l’apparition d’une tradition liée à la présence de Marie-Madeleine à Vézelay vers les années 1030 mais il ajoute que ce sera surtout sous la gouverne de Geoffroi, abbé de Vézelay à partir de 1037 que se propagera l’idée que cette abbaye détient les restes de la Sainte.
Cet auteur démontre formellement qu’à cette époque la légende commençait juste à se diffuser dans l’opinion publique et qu’elle n’était pas encore tout à fait au point. Mais plus cette tradition se répandait dans l’esprit populaire, plus il devenait urgent de trouver les réponses à donner quant à la présence de Marie-Madeleine en Bourgogne.
De là, une toute première composition connue sous l’appellation « Claruit autem Viceliacum » fut établie dans laquelle apparaissait pour la première fois le nom de Badilon. Ce moine bourguignon emprunté à l’histoire de la fin du IXe siècle serait parti en Judée et aurait ramené en Gaule les reliques de Marie-Madeleine.
Soulagement ! Une réponse venait d’être trouvée et elle légitimait aux yeux de la foule des pèlerins la présence de la Sainte à Vézelay. L’abbé Geoffroi ira jusqu’à obtenir, en 1049, une bulle pontificale plaçant son abbaye sous le patronage de Marie-Madeleine.
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A sa mort survenue en 1052, lui succédera le clunisien Boniface. C’est sous son abbatiat que nous voyons le grand abbé de Cluny, Saint Hugues, plaider en faveur de la présence des reliques de la Madeleine à Vézelay. Il obtiendra lui-même en 1058, une nouvelle bulle du Pape Etienne IX reconnaissant officiellement la présence des Saintes reliques en Bourgogne.
Cependant, avec cette première légende contenue dans le « Claruit autem Viceliacum », il ne sera fait mot de l’implication du comte Girart dans cette translation du corps de la Sainte. De même, il ne semble pas que les moines de Bourgogne aient eu connaissance à cette époque de la légende provençale qui faisait de Saint-Maximin le lieu dépositaire des reliques de la Madeleine(65). |
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Crypte de Marie-Madeleine à Vézelay
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C’est d’ailleurs la montée en puissance de la Madeleine « Bourguignonne » qui fera réagir le clergé de Provence. Avant la fin du XIe siècle, les moines de St-Maximin rédigèrent à leur tour un texte (66) dans lequel la légende provençale était remise au goût du jour : brièvement, il y était fait mention que de toute ancienneté, le corps de Sainte Marie-Madeleine reposait à la Sainte-Baume, non loin de leur prieuré de Saint-Maximin.
Qu’à cela ne tienne ! L’abbaye de Vézelay allait répliquer par une nouvelle notice (67) connue sous le nom de légende Autunoise : « Certes, nous nous sommes mépris … Badilon n’était qu’une simple légende sans fondement historique ! Mais nous savons maintenant – après de maintes recherches - que nous devons la translation des reliques de Sainte Marie-Madeleine au chevalier Aleaume, qui jadis était frère de Eudes, premier abbé de Vézelay. C’est en effet sous l’impulsion de l’évêque d’Autun Augier, officiant sous le règne du roi Carloman, que Aleaume retrouva les restes de Marie-Madeleine à Saint Maximin alors que les Maures venaient de piller la Provence et que votre prieuré était abandonné … »(68).
Il est un fait qu’à la fin du IXè siècle, la Provence avait du subir les razzias Sarrasines et que le petit prieuré de Saint Maximin avait été laissé à l’abandon. De là, la nouvelle version de l’invention des reliques de la Madeleine pouvait être tout à fait crédible, d’autant que les moines de Vézelay avaient cette fois bien étudié la question ! Tout semblait coller : Eudes avait bien été abbé de l’abbaye bourguignonne de 877 à 911 au moins. Augier, évêque d’Autun, à qui l’on doit l’initiative de cette expédition provençale, était bien en fonction de 875 à 893 ce qui correspond à ce que nous connaissons du règne de Carloman (879-884). Seule peut-être, l’existence du chevalier Aleaume pouvait paraître suspecte mais après tout, il n’était que simple chevalier et il n’y avait là rien d’étonnant à ce que personne ne le connaisse.
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Tout était donc bien orchestré pour faire avaler cette nouvelle version aux moines provençaux … A l’exception malheureuse d’un différent qui allait intervenir entre l’abbaye de Vézelay et l’évêché d’Autun.
En cette fin du XIe siècle, Vézelay avait atteint une telle renommée grâce au pèlerinage de la Madeleine que l’évêque d’Autun en pris ombrage. Sous de vagues prétextes juridictionnels, un conflit éclata entre ces protagonistes : nous pensons plus simplement que l’évêque d’Autun espérait récupérer un peu de notoriété compte tenu du fait que l’on devait la présence de Marie Madeleine en Bourgogne aux bons soins de son prédécesseur l’évêque Augier.
Du coup, la légende Autunoise qui effectivement mettait en avant les mérites de l’ancien évêque d’Autun, devenait dérangeante pour l’abbaye de Vézelay…
Qu’à cela ne tienne encore une fois … Les moines bourguignons rédigèrent une troisième version (69) comparable à la précédente mais dans laquelle cette fois, l’évêque Augier était remplacé par le comte Girart, fondateur de Vézelay et le chevalier Aleaume par « une vieille connaissance, un moment abandonnée : le moine Badilon » (70). C’est la fameuse légende de Saint Badilon que nous évoquions au début de ce chapitre. |
Marie-Madeleine élevée par les Anges
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Cette troisième édition – revue et corrigée à la sauce bourguignonne – était de loin la plus complète, la plus développée et fut surtout la plus diffusée : il nous en est parvenu de nombreux manuscrits dont certains du tout début du XIIe siècle. Il n’en demeure pas moins comme le souligne René Louis, que ce nouveau récit était truffé de confusions et d’anachronismes qui aux yeux de la critique moderne anéantissent toute crédibilité à cette version.
Etrangement, ce nouveau changement de récit n’allait pas provoquer de réaction vive de la part des moines de Saint-Maximin. Néanmoins, sans s’opposer catégoriquement à la légende de Saint Badilon, ils continuèrent à vénérer Marie Madeleine à la Sainte-Baume et à entretenir leur prieuré en Provence.
Ce sont donc deux traditions différentes mais pas formellement contradictoires qui coexistèrent durant ces premiers siècles du nouveau millénaire : Vézelay semblait avoir la faveur des foules, d’autant que le Saint Siège à Rome avait reconnu officiellement la présence de Marie-Madeleine en Bourgogne ; pour sa part, Saint-Maximin jouait le jeu de l’ignorance et continuait à revendiquer ces précieuses reliques au nom de l’antériorité. De fait, le pèlerinage voué au culte de la Madeleine, s’entendait à cette époque, tout aussi bien en Bourgogne qu’en Provence.
Mais cette situation n’allait pas durer ad eternam … Peu à peu la classe régnante se mit à favoriser la légende provençale, au nom justement de cette fameuse antériorité. De même, le clergé plus soucieux de faire la part des choses dans cette histoire aura tendance à émettre des doutes sur la version bourguignonne.
Le coup de théâtre n’aura lieu qu’au cours du XIIIe siècle. Alors que le parti fut pris de faire toute la lumière sur cette affaire, il fut convenu d’engager une campagne de fouilles afin de vérifier si les restes de Marie-Madeleine étaient toujours à Saint-Maximin… Ce ne sera pas une grande surprise pour le lecteur d’apprendre que la campagne porta ses fruits : on retrouva en effet les reliques de Marie-Madeleine ! Cerise sur le gâteau, le sarcophage découvert contenait en plus une petite lettre qui non seulement authentifiait les ossements comme étant ceux de la sainte, mais qui en plus expliquait que ceux-ci avaient été déplacés juste avant les raids Sarrasins et qu’on les avait remplacé par d’autres moins illustres…
Sacré coup de génie ! Dans un même temps on était capable de réfuter l’existence des Saintes reliques en Bourgogne puisqu’on venait de les redécouvrir en Provence et cette fois sans conteste possible, mais en plus on était tout aussi capable de réconforter les moines de Vézelay dans leur infortune en leur expliquant tout simplement que Badilon n’avait pas ramené les bonnes reliques …
Ainsi se termina définitivement le chapitre Marie-Madeleine en Bourgogne. La page était tournée, la Provence récupérait à son compte une tradition qu’elle n’aurait jamais dû laisser s’échapper et la dignité des moines bourguignons était sauve, puisqu’ils ignoraient tout de cette imposture. (71) |
VI. Les aventures littéraires de Girart de Roussillon …
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Le lecteur aura sans doute remarqué que depuis le début de cet exposé nous nous sommes efforcés de ne pas mentionner le patronyme Roussillon lorsque nous parlions du comte Girart, que nous qualifiions alors d’ « historique ». Cette volonté trouve sa raison d’être dans le fait qu’au IXe siècle l’usage du patronyme n’était pas totalement en vigueur et comme toutes les chartes de l’époque ne mentionnent notre héros que par son prénom Girart et jamais sous le nom de Roussillon, nous ne pouvons que conclure que ce patronyme lui fut attribué plus tardivement.
La question, maintenant, est de savoir à quelle époque eut lieu cet ajout, pour quelles raisons et dans la mesure du possible d’examiner si celles-ci ont un lien avec la famille Roussillon du Dauphiné.
D’un point de vue historique, Girart de Roussillon n’aurait donc jamais existé et c’est dans la tradition épique du XIIe siècle qu’il faut trouver ce personnage emprunté à l’histoire et remodelé à la manière de la Geste médiévale.
Pour bien comprendre comment le comte Girart historique s’est muté en ce héros légendaire qu’est devenu Girart de Roussillon, nous suivrons l’opinion et les explications de René Louis (72) à travers l’aventure littéraire de Girart.
De Vienne aux Pyrénées.
Le comte Girart historique a donné naissance à trois héros de chansons de Geste : Girart de Vienne, Girart de Fraite et enfin Girart de Roussillon.
De ces trois épopées qui sont toutes très différentes les unes des autres, la critique littéraire actuelle (73) s’accorde à voir en la chanson de Girart de Roussillon la plus ancienne des trois. Il n’en demeure pas moins que toutes trois ne sont que des légendes et René Louis (74) d’ajouter « L’histoire ne mentionne nul séjour du comte Girart dans un château nommé Fraite ou Roussillon. Le combat de Vaubeton est une fiction. Seul parmi les noms de places fortes … celui de Vienne répond à un épisode vécu » de la vie de Girart.
Sur ce constat, R . Louis suggère qu’immédiatement après les évènements des années 870, il s’est forgée une chanson populaire, orale, une sorte de balade, ancêtre de nos chansons de Geste, qui aurait maintenue pendant une bonne centaine d’années la mémoire des luttes entre Girart et Charles le Chauve.
Cette théorie qui date déjà de quelques décennies ne fait pas encore l’unanimité. Il est vrai qu’elle découle d’une succession de raisonnements logiques qui sont propres à la vision de leur auteur. Naturellement il ne peut y avoir de traces écrites d’une chanson orale ! Malgré cela, R. Louis oppose une évidence : qu’il s’agisse de Vienne ou d’ailleurs il n’existe pas non plus un seul document du Xe siècle qui aurait permis de conserver le souvenir de Girart jusqu’à sa réapparition vers les années 1050. Il ne peut alors que proposer l’hypothèse d’une chanson orale, transmise et véhiculée par les trouvères de l’époque.
C’est aussi grâce à ce raisonnement que R. Louis peut expliquer la transposition géographique de l’épopée viennoise orale, vers les régions de la Provence et des Pyrénées où seraient nées les chansons écrites où figurent respectivement Girart de Fraite et Girart de Roussillon ; alors que Vienne attendait encore la sienne !
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Cet auteur situe l’élaboration de la chanson de Girart de Roussillon aux alentours de l’an 981, précisément dans l’environnement de la cour du duc Guifred de Roussillon dont nous avons déjà parlé dans un précédent chapitre et qui étendait alors son pouvoir sur une bonne partie des Pyrénées orientales.
De là, cet embryon de chanson épique calqué sur la version orale aurait pris plus de consistance et l’identité initiale de Girart se serait vue quelque peu remodelée aux goûts des seigneurs de Roussillon pour aboutir au personnage légendaire que nous connaissons. Comme le souligne R. Louis, il devait être plaisant pour le duc Guifred de pouvoir s’enorgueillir d’une origine aussi illustre que celle du nouveau Girart de Roussillon et cet auteur d’ajouter que ces Roussillon n’hésiteront pas à rendre le prénom Girart héréditaire au sein de cette famille dès le début du XIe siècle. |
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Ainsi, le souvenir des évènements de Vienne en l’an 870 aurait été transporté oralement dans la région Pyrénéenne et il aura fallu toute l’ingéniosité d’un troubadour de ces époques lointaines pour intégrer Girart à la généalogie d’une puissante famille du Roussillon dont le prestige ne pouvait alors que s’accroître. Girart de Roussillon venait de naître et avec lui tout le récit épique qui allait suivre.
Des Pyrénées en Bourgogne : la Chanson de Girart de Roussillon
Notre héros se trouvait là une nouvelle patrie d’origine en la région du Roussillon et comme il ne faisait aucun doute que ce Girart de Roussillon était le même que celui qui avait tenu tête à Charles le Chauve et qui avait été vaincu à Vienne, il devenait, de fait, le même qui avait fondé les abbayes de Pothières et de Vézelay. René Louis pense que c’est aux alentours des années 1050 que le nom de Girart de Roussillon fut introduit dans les chartriers de ces abbayes.
Pour cela, il propose la même transposition géographique de l’épopée qui avait mené le comte Girart historique dans la région du Roussillon, à savoir la chanson orale véhiculée par les troubadours. Mais cette fois, Girart partait du Roussillon où il avait acquit un nom pour rejoindre la Bourgogne. Il ne faudra pas longtemps pour que les moines bourguignons assimilent le Girart historique au Girart de Roussillon chanté par les trouvères. Dès lors et sans imaginer une seconde qu’il s’agissait là d’une imposture, les clercs qui rédigeaient les chartes et documents de l’époque feront état de Girart de Roussillon en voulant parler du fondateur de leur monastère.
C’est également de Bourgogne que partiront les premières interprétations écrites de la chanson de Girart de Roussillon. La chanson de Vaubeton écrite semble-t-il vers les années 1050 situe l’épopée de Girart dans les régions de Châtillon-sur-Seine, de Vézelay et d’Orléans. C’est aussi dans cette chanson légendaire qu’il faudra trouver l’apparition première du château de Roussillon sur le mont Lassois ; l’imagination du poète avait franchi là un pas décisif entre la réalité historique et son récit.
A la fin du XIe siècle, l’histoire racontée dans la chanson de Vaubeton sera enrichie de quelques faits nouveaux et variantes que l’on retrouve notamment dans la version en prose du XVe siècle insérée dans l’Histoire de Charles Martel. C’est dans cette version qu’apparaît l’épisode où Girart devient charbonnier dans la forêt d’Ardenne.
Enfin, c’est au XIIe siècle, vers les années 1150 que l’on situera la dernière métamorphose de la chanson de Girart de Roussillon. René Louis déclare qu’elle reçut là « sa forme la plus pleine de sens et la plus belle », et que c’est « celle qui devait faire oublier toutes les rédactions antérieures … Le Xe siècle avait vu naître la première chanson de geste issue de ces ballades primitives, sur les exploits de Girart de Vienne ; les dernières années de ce même siècle avaient vu le transfert géographique de la légende loin de la Bourgogne viennoise, dans la région pyrénéenne, où le héros, empruntant un nouveau surnom, était devenu Girart de Roussillon. Le milieu du XIe siècle avait vu le transfert en Bourgogne franque, dans la région entre Dijon, Autun et Sens, du Girart de Roussillon pyrénéen et l’éclosion de la « chanson de Vaubeton ». Le XIe siècle finissant avait connu la version amplifiée de la chanson de Vaubeton, œuvre d’un continuateur anonyme, conservée seulement dans une mise en prose du XVe siècle. Les années 1146-1149 devaient voir l’épanouissement de ce travail d’élaboration séculaire…».
A la recherche de la vérité … le Roman de Girart de Roussillon
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Avec la chanson de Girart de Roussillon s’achevait ainsi le cycle épique relatant les faits d’armes légendaires de notre héros.
La chanson de geste, tant prisée aux époques féodales perdait de plus en plus de son intérêt en cette fin du moyen âge et le besoin de revenir à des vérités historiques se faisait plus que jamais ressentir.
Dans ce contexte, de premiers écrits se détachèrent littéralement du style jadis chanté par les trouvères. Une « Vita nobilissimi comitis Girardi de Rossellon », également très ancienne puisque du XIIe siècle, présentait une variante de la légende en prose latine. L’élément novateur de cette version vient de son style narratif, éliminant les effets oraux que pouvait provoquer le récit du troubadour lorsque celui-ci récitait son texte. Mais plus que tout, l’auteur semble utiliser des sources historiques exactes qui font de ce nouveau genre un premier essai sur la recherche d’authenticité.
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Philippe le Bon
Grand mécène et commanditaire du
Roman de Girart de Roussillon
Vers 1450 |
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Girart n’allait donc pas s’éteindre avec la chanson de geste ! Dans le même esprit que la « Vita », un roman bourguignon allait naître au XIVe siècle. Destiné dans un premier temps à louer la grandeur des ducs de Bourgogne, on ne peut qu’admirer ensuite l’érudition de son auteur et sa volonté de retracer scrupuleusement l’historicité de notre héros. Mais ne nous leurrons pas ! Tout comme René Louis pensait que le Girart de Roussillon était né d’une volonté de mettre en avant le prestige de la famille Roussillon des Pyrénées, ce nouveau roman devait également illustrer celui des ducs de Bourgogne en les présentant comme successeurs du célèbre Girart de Roussillon. En outre, ce roman s’inspire largement des faits contés par la chanson de geste, qui comme nous l’avons vu ne s’attardait guère sur la véracité de son récit. Il ajoute néanmoins l’épisode du transfert des reliques de Marie Madeleine emprunté à la légende hagiographique de Saint Badilon.
Enfin, l’aboutissement du roman de Girart de Roussillon n’interviendra qu’au siècle suivant avec l’œuvre du célèbre Jean Wauquelin. C’est en 1447 que cet écrivain - historien remet au duc Philippe le Bon l’ouvrage sur Girart de Roussillon que ce dernier lui avait commandé. Cinq manuscrits de ce roman nous sont parvenus et parmi eux celui de Vienne (Autriche) est le plus accompli en matière de richesse artistique : il s’agit là d’un véritable chef d’œuvre d’enluminures digne de la bibliothèque des grands ducs de Bourgogne (75). |
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De surcroît, Jean Wauquelin est l’auteur qui aura puisé au plus grand nombre de sources connues à l’époque pouvant lui permettre de rédiger le roman de Girart. Certaines d’entre-elles lui ont d’ailleurs été prêtées par son commanditaire, ce qui prouve l’intérêt que portaient déjà les ducs de Bourgogne à l’épopée de Girart de Roussillon.
Nous ajouterons simplement que sur le fond, ce roman s’inscrit dans le même idéal que nous venons d’évoquer pour le roman bourguignon du XIVe siècle, à savoir rattacher l’histoire de Girart de Roussillon à celle des ducs de Bourgogne. Mais cette fois, la somme de travail effectuée par Wauquelin ainsi que la richesse de ses manuscrits feront de cette nouvelle édition la base de tous les récits que nous rencontrerons à la Renaissance. Les éditeurs des XVIIe et XVIIIe siècles n’hésiteront plus alors à affubler du qualificatif « authentique » l’histoire du comte Girart de Roussillon qu’ils tirent du roman de Wauquelin. |
Arrivée des reliques de Marie Madeleine à Vézelay
D’après un manuscrit de Vienne
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Le comte Girart pouvait-il être l’ancêtre des Roussillon du Dauphiné ?
Pour résumer et clore ce chapitre, nous admettrons volontiers les arguments mis en avant par René Louis : Girart de Roussillon n’a pas de crédit historique. Toute son épopée, y compris le roman du XVe siècle, reposent sur des chansons de geste qui ont sans cesse été remaniées depuis le Xe siècle. Mais plus que tout, il ressort de cet examen que le comte Girart n’a jamais porté le patronyme Roussillon !
Dès lors, il n’apparaît plus aucune raison tangible permettant d’assurer une filiation entre notre héros et les Roussillon ; qu’ils soient d’ailleurs des Pyrénées ou du Dauphiné !
Comme nous l’évoquions au début de cet exposé, l’homonymie fut sans doute le facteur déclenchant de toutes les théories proposant ce lien de parenté entre le Girart historique et les Roussillon. Sans elle, nous ne croyons pas pouvoir suivre ces hypothèses et nous doutons même fortement que quiconque ait pu y songer à un moment donné. |
Certes, les plus audacieux feront fi de cette argumentation ! Bien sur, ce n’est pas parce que le comte Girart historique ne portait pas de patronyme que l’on peut le supprimer comme ça de la généalogie des Roussillon et cela, même si maintenant les présomptions s’amincissent … Il est vrai que notre grande famille du Dauphiné aurait pu adopter elle-même le patronyme du Girart épique sachant qu’elle descendait de cet illustre guerrier. Nous avons convenu plus haut que les origines du nom Roussillon en Isère restaient assez obscures et ce seraient là une hypothèse supplémentaire. Néanmoins elle implique que ce choix du patronyme se soit déroulé au cours du XIe siècle puisque nous avons vu avec René Louis que Girart de Roussillon avait pris naissance vers les années 981 en région pyrénéenne et que c’est seulement dans les années 1050 qu’on le retrouve en Bourgogne.
Mais là encore nous nous heurtons à problème de date car si René Louis voit juste, pour notre part nous avons vu que le nom de Roussillon en Dauphiné avait été relevé dès les années 923 voir même 915 ou 975 (77), devançant ainsi de quelques années l’invention du Girart de Roussillon. Du coup, cette nouvelle hypothèse ne peut plus tenir. |
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Armes des Roussillon-Annonay
d’après les peintures murales de la fin du XIIIe siècle
conservées dans la salle des Etats du château de Ravel (76)
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Pour continuer dans les théories, nous pourrions encore évaluer celle qui consisterait à trouver en la famille Roussillon du Dauphiné – et non plus des Pyrénées - celle qui aurait fournie son nom au comte Girart historique. Pourquoi en effet aller chercher dans les Pyrénées l’origine d’un nom, que nous serions en mesure de fournir dans la région viennoise ? Et qui plus est, à une époque qui correspond de peu, et dans des domaines ayant jadis été sous la suzeraineté de Girart !
Là encore, René Louis souligne le manque d’héritage que nous a laissé le Girart historique dans notre région. Pas un monument, pas un document ne permettrait d’accréditer cette thèse. Lors de la prise de Vienne en 870, Girart dû s’exiler, probablement dans le sud, ses domaines de la région viennoise passèrent alors sous l’autorité de Charles le Chauve puis sous celle de Boson, futur roi de Provence. Il paraît difficilement concevable qu’une éventuelle descendance de Girart ait pu rester dans nos contrées.
Enfin, cela était sans compter non plus sur la chanson de geste pyrénéenne, qui elle témoigne sans contrepartie d’un souvenir vivace du Girart historique dans le Languedoc, favorisant de surcroît, l’hypothèse de René Louis quant au rôle de la famille Roussillon des Pyrénées dans l’invention du patronyme de Girart.
Toutefois, et même si le lien de parenté semble définitivement écarté, nous pourrions encore admettre que ce sont les Roussillon eux-mêmes qui aient souhaité adopter Girart pour ancêtre. Un peu à la manière des Roussillon des Pyrénées qui, de leur coté, avaient titularisé le comte Girart au sein de leur famille en lui octroyant leur propre nom. Dans ce cas de figure, nous pourrions en effet imaginer que nos Roussillon du Dauphiné aient eu vent de la chanson pyrénéenne dont Girart de Roussillon était l’acteur principal. De là, ils auraient pu croire ou voulu faire croire à une illustre ascendance en la personne de Girart en se basant sur l’homonymie du nom Roussillon. Mais nous abordons là des conjectures qui restent difficilement vérifiables et qui en plus ne valident pas ce lien de parenté que nous aimerions bien trouver. |
Eric Charpentier |
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Notes :
(51) A propos du légendaire provençal, nous renverrons le lecteur à l’ouvrage de Christian DOUMERGUE : « Marie-Madeleine, la Reine Oubliée - La Terre Elue - Tome 2 », Nîmes, éditions Christian Lacour, 2004, pages 195 à 265.
(52) René LOUIS, Tome 1, « Girart, comte de Vienne (…819-877) et ses fondations monastiques », Auxerre, 1946, pages 174 et 175)
(53) Le lecteur pourra se reporter à la première partie de cette étude , chapitre II paru au mois de mars 2006.
Pierre CAVARD, « La Fontaine de Saint-Lazare à Surieu », manuscrit conservé à la bibliothèque municipale de Vienne, cote M-398.
(54) Sans entrer dans des détails qui ne concernent pas directement notre étude, rappelons néanmoins au lecteur qu’au début du XIIè siècle , l’abbaye de Vézelay ne se contentait plus de revendiquer les reliques de Marie-Madeleine mais elle assurait détenir également celles de Sainte Marthe et de Saint Lazare.
Aussi, par un tour de passe-passe qui nous échappe encore, nous admettrons prudemment à ce stade, que le moine Badilon aurait très bien pu ramener de Provence toute la famille de Béthanie !
(55) A priori, les reliques de Saint Lazare à Echalas ne devraient rien à la famille Roussillon, d’autant que celle-ci n’apparaît à aucun moment dans l’histoire de ce petit village. Au contraire, la chapelle de Saint Lazare à Echalas devrait ses saintes reliques à l’occasion de la translation de son corps de Marseille à Autun, lors d’une escale à Vienne en l’an 1147.
(« Echalas – Histoire d’un village du Parc du Pilat », éditions Maury, 2005, pages 30-31 / 38 / 92-94)
(56) Patrick BERLIER, « Le Guide du Pilat – Le Pilat au fil du Rhône, de Givors à Saint-Colombe », Saint-Etienne, 2000, tome 16, page 32.
Patrick Berlier relève avec justesse que la colline de la Grande Madeleine dont il est question ici se situe précisément à proximité du col du Pilon et celui-ci d’ajouter que « selon la légende provençale, Sainte-Madeleine se retira dans une grotte du massif de la Sainte-Baume près du Saint-Pilon »…
A propos du château de la Chance, possession de la famille Roussillon à partir de 1266, on pourra lire le petit opuscule de Marcel BOYER, « Le Château de la Chance », édition de l’association Visage de Notre Pilat, supplément à le revue Dan l’Tan.
(57) A propos de la chapelle de la Madeleine en dessous de Châteauneuf, on pourra lire :
Eugène CHIPIER, « Béatrix, Dame de Châteauneuf », Rive de Gier, 1912, pages 24-25
et
Robert LACOMBE, « Châteauneuf (dans la Loire) en vues et cartes postales anciennes », Argentan, 1982.
(58) Dom Polycarpe de la Rivière était prieur de la chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez de 1618 à 1627. Fin lettré, il est l’auteur de nombreux ouvrages spirituels qui lui valurent les honneurs de sa hiérarchie. Etrangement, il se mettra à écrire sur la fin de sa vie des ouvrages plus controversés qui cette fois lui vaudront les foudres de l’autorité religieuse. Sa mystérieuse disparition en 1638 fera couler beaucoup d’encre à son sujet …
(59) Ouvrage manuscrit naturellement introuvable et ne figurant pas dans la bibliographie officielle de Dom Polycarpe de la Rivière. Nous devons la mention de cet ouvrage à André DOUZET, in « Eléments du Passé de Sainte-Croix-en-Jarez, chartreuse, pour servir à son histoire », Carcassonne, 1994, p. 65.
(60) Nous devons cette nouvelle évolution du mythe « Rennes-le-Château » à André DOUZET, dont les arguments sont exposés sur son site internet http://www.societe-perillos.com/roussillon.html.
A propos de la chapelle de la Madeleine, au dessus de Pélussin, le lecteur pourra consulter :
- Louis CHALLET et Bernard PLESSY, « Le Pilat insolite », Saint-Etienne, 1981, pages 15 à 21.
- Marcel BOYER, « Du Crêt de la Perdrix au Crêt de l’Oeillon en cartes postales et vues anciennes », Saint-Julien-Molin-Molette, 1989, pages 108 à 114.
- Patrick BERLIER, « Le Guide du Pilat – Sur les sommets du Pilat », Saint-Etienne, 1985, tome 2, pages 21 à 23.
- Abbé J. BATIA, «Recherches historiques sur le Forez Viennois », Saint-Etienne, 1924, page 240 bis et 249 à 252.
(61) Patrick BERLIER, « La société Angélique », Editions ARQUA, 2004, tome 1, pp. 173 à 182.
(62) Le Mont-Pilat devrait d’ailleurs son nom à cette légende qui fait finir l’ancien gouverneur de Judée, plongé dans un puits sans fonds du Pilat.
A propos de la légende de Ponce Pilate en région Viennoise, on pourra consulter :
- Jacques BERLIOZ, « Crochet de fer et puits à tempêtes – La légende de Ponce Pilate à Vienne et au Mont Pilat au XIIIe siècle » in « Le Monde Alpin et Rhodanien », Gap, 1990, 1er et 2ème trimestre, pages 85 à 104.
- Pierre CAVARD, « Vienne la Sainte », édition revue et corrigée, Vienne, 1975, pages 32 à 58.
- Christian DOUMERGUE (Op. cit., tome 2, pages 570 à 578.). Pour sa part, cet auteur suggère que c’est précisément dans l’exil de Ponce Pilate en Gaule qu’il faille trouver également les raisons de la présence de Marie-Madeleine sur notre sol.
(63) Le lecteur pourra se reporter à la première partie de cette étude, chapitre I paru au mois de mars 2006.
(64) René LOUIS, (Op. cit. pages 164 à 175).
(65) D’après Christian DOUMERGUE (Op. cit. p. 199), il semble pourtant qu’il faille remonter au IVe siècle pour trouver les premières traces de la légende de Marie-Madeleine en Provence.
(66) Ce texte est connu sous le nom de notice « Post Dominicae resurrectionis » et est daté de la fin du XIe siècle.
(67) Ce texte est également connu sous le nom de notice « Quomodo autem Virzilliacensium » et est daté de la fin du XIe siècle.
(68) Le lecteur aura compris que ces quelques lignes entre guillemets ne sont qu’un abrégé rapide et ironique de la légende Autunoise. Naturellement le texte du « Quomodo autem Virzilliacensium » présente les faits de manière plus sérieuse.
(69) Connu sous le nom de « Légende de Saint Badilon » et daté de l’extrême fin du XIe siècle, début XIIe siècle.
(70) René LOUIS (Op. cit. p. 172)
(71) Le lecteur souhaitant approfondir sa réflexion sur Marie-Madeleine pourra consulter le site internet : http://www.marie-madeleine.com.
Une attention particulière pourra être portée également aux ouvrages de M. Christian DOUMERGUE : « L'Evangile Interdit (Ste Marie-Madeleine et le secret des Cathares) » , Nîmes, éditions Christian Lacour, 2001 ; « Marie-Madeleine, la Reine Oubliée - L'épouse du Christ - Tome 1 » et « Marie Madeleine, la Reine Oubliée - La Terre Elue - Tome 2 », Nîmes, éditions Christian Lacour, 2004.
(72) René LOUIS (Op. cit. Tomes 1,2 et 3)
(73) Michel ZINK, in « Girart de Roussillon ou l’épopée de Bourgogne », Michel Zink, Marcel Thomas et Roger-Henri Guerrand, éditions Philippe Lebaud, 1990, p. 24.
(74) Op. cit. Tome 3, p. 282.
(75) Une bonne partie de ces enluminures sont reproduites en fac-similé dans « Girart de Roussillon ou l’épopée de Bourgogne », op. cit.
(76) Le lecteur pourra se rendre sur le site internet du château de Ravel à l’adresse suivante : http://www.chateauderavel.com/Index.htm
(77) Louis DUFIER, Pages d’histoire en Dauphiné, « Canton de Roussillon », Editions Bellier, Lyon, 1999, p. 14.). et l’abbé GRANGER dans « Roussillon et son canton », 1949 - Réédition dans Monographies des villes et villages de France, Paris, Res Universis, 1993, p. 14).
Rappelons néanmoins que ces dates ne sont pas toujours suivies par la critique moderne et qu’il faut attendre vraiment le XIe siècle pour trouver les premières mentions du nom de Roussillon en Isère (Georges MAZOUYES, in « Patrimoine en Isère - Pays de Roussillon », 2003)
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